Le monde semblait être un autre endroit, un endroit que je ne pourrais jamais revoir. Le bunker, dépourvu de fenêtres, ne laissait aucune chance de voir au-delà de ses murs froids et épais. J’étais pris au piège dans cette boîte de métal, dans un silence lourd et oppressant, seulement perturbé par les rugissements lointains et menaçants des dragons qui rôdaient à l’extérieur. Le son de leurs griffes griffant contre la porte du bunker me glaçait le sang à chaque instant. Je savais qu’ils étaient là, dehors, mais je n’avais aucune idée de ce qu’ils cherchaient.
Je me levai lentement, mes yeux se portant sur les quelques maigres ressources qui me restaient : un couteau et un arc. Ces objets me semblaient dérisoires face à la menace qui m’entourait, mais c’étaient tout ce que j’avais pour me défendre. Pas de nourriture, pas d’eau. Le silence était de plus en plus pesant. Il n’y avait que le souffle haletant de ma propre peur. Le temps semblait se dilater dans ce bunker sans fin, chaque minute qui passait me semblait être une éternité. Je me demandais combien de temps je pourrais tenir dans ces conditions.
Mes pensées dérivaient vers la famille et les amis que j’avais laissés derrière moi. L’invasion des dragons avait tout changé, transformant la vie en un véritable cauchemar. J’avais vu des villages entiers réduits en cendres, des rues pleines de décombres, des corps sans vie. Les dragons avaient détruit tout ce qui nous était cher. Et maintenant, je me retrouvais ici, enfermé et seul, incapable de savoir si mes proches étaient encore en vie. Si mes parents, mes amis, mes voisins avaient survécu à cette apocalypse… Ou si, comme tant d’autres, ils avaient été engloutis par les flammes des dragons.
Je fermai les yeux un instant, essayant de chasser les images horribles qui se formaient dans mon esprit. Je devais rester calme. Je devais garder espoir. La situation semblait désespérée, mais je savais qu’il y avait encore une chance, aussi mince soit-elle. Un jour, quelqu’un viendrait, quelqu’un braverait les dragons pour me sauver. Ou peut-être, ce serait moi qui m’échapperais de ce cauchemar. Je devais croire que la liberté était encore possible.
Tout à coup, un rugissement plus proche, plus intense, fit trembler les murs du bunker. Les griffes des dragons raclaient à présent si près que j’avais l’impression qu’elles allaient percer la porte. Mon cœur battait la chamade, et l’adrénaline m’envahit. Je pris mon couteau et mon arc, prêt à tout. Ma dernière chance, mon dernier espoir.